Apprentissage et alternance en France
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Qui sera le champion des apprentis aux présidentielles?
Jupé vs Fillon, les candidats LR s'accordent sur l'apprentissage
A cinq mois des présidentielles, les candidats sont nombreux à droite et à gauche à prétendre qu'ils sont les mieux placés pour restaurer l'emploi et la confiance.

Deuxième tour des primaires de la droite, dimanche, entre François Fillon et Alain Juppé.
Les deux candidats de la droite républicaine doivent se distinguer pour emporter la décision de leurs électeurs. Sur l'apprentissage, ils partagent même conviction de développer la filière sur un angle inspiré du modèle allemand qui démontre, selon eux, un pragmatisme efficace et l'image de la modernité.
Comment concrétisent ils cette conviction?
Réformer l'apprentissage
François Fillon souhaite aménager des liens plus forts entre l'école et le monde du travail, et adapter les programmes en fonction des attentes des employeurs. Principales mesures:

  • restaurer l'apprentissage à partir de 15 ans
  • développer l'apprentissage à l'université
  • encourager la réorientation précoce.

    Alain Juppé, souhaite
  • moins de filières de CAP et des BAC professionnels.
  • rapprocher Apprentissage et Filière professionnelle.
  • réduire les charges pour les employeurs.
  • confier la gestion complète de l'apprentissage aux régions.
    Lutter contre l'absentéisme en classe.
    Alain Juppé et François Fillon souhaitent tous les deux supprimer les allocations familiales des parents dont les enfants ont des absences fréquentes et injustifiées.
    Négocier le temps de travail
    Les deux candidats s'accordent encore pour laisser aux entreprises le soin de négocier le temps de travail. Si les négociations échouent, Juppé maintient la durée légale à 39 heures, tandis que Fillon impose la seule limite légale européenne de 48 heures. A l'exception des fonctionnaires qui reviendront aux 39 heures.
    Alain Juppé et François Fillon, champions de l'apprentissage? Pas sûr! François Fillon se distingue sans doute par une volonté plus radicale de changement. Le débat télévisé a montré sa pugnacité et son audace vis à vis conventions institutionnelles. Saura t'il bousculer les habitudes et les préjugés?

    En attendant, après la "Révolution" d'Emmanuel Macron qui n'est pas un programme bien clair, celle des Républicains pour l'apprentissage apparaît toujours floue!

    Mais la campagne ne fait que commencer ...
  • Auteur: Christophe Montoriol  -  24/11/2016
    The Apprentice
    Qui sera le champion des apprentis aux présidentielles?
    A cinq mois des présidentielles, les candidats sont nombreux à droite et à gauche à prétendre qu'ils sont les mieux placés pour restaurer l'emploi, la confiance et l'union nationale.
    Certains veulent resserrer les boulons, d'autres libérer les énergies, mais qui sont ceux qui présentent un programme précis pour relancer l'emploi des jeunes en s'appuyant sur l'apprentissage?

    L'APPRENTI fait le tour des propositions et examine le programme des candidats.

    Cette semaine, Emmanuel Macron, qui vient de déclarer sa candidature au Campus des métiers de Bobigny, un signe qui symbolise sans doute la part importante que prendrait l'apprentissage dans son projet pour les jeunes.

    Pour un formateur du CFA interrogé par Paris Match: «se déclarer candidat dans un CFA, ça change du Fouquet’s et des sièges de parti, non? Il essaie de se rapprocher du monde réel, du travail, de l’apprentissage..»

    L’ancien ministre de l’économie, brillant, jeune, riche, indépendant des partis, pourrait séduire un électorat jeune et populaire, qui se porte plus volontiers vers celui à qui il voudrait ressembler plutôt qu'à celui qui lui ressemble. Si on ajoute le discours qui pourfend le système, dénonce la vieille garde et les préjugés, le candidat a ses chances.

    Le monde réel d’Emmanuel Macron c’est, dit il « s’adapter aux individus. On peut ainsi imaginer qu’ à partir de 50 ou 55 ans on puisse ne travailler que 30 heures, 32 heures, pourquoi pas ? Mais quand on est jeune, 35 heures, ce n'est pas assez. On veut travailler plus, on veut apprendre son job. Et puis, il y a un principe de réalité. Un entrepreneur raisonne ainsi : ce jeune n'est pas qualifié, je veux bien l'embaucher mais il va apprendre son job en entrant dans mon entreprise, donc il faut qu'il effectue davantage d'heures ».

    Ces entrepreneurs seraient ils prêts à payer ces heures en plus ? Il faudra les motiver sans doute par quelques mesures financières encourageantes, mais le programme du candidat ne donne aucune précision la dessus.

    Le ministre Macron, jeune en politique, a déjà un bilan à défendre, lui qui portait, il y a peu de temps encore, la réforme de la formation professionnelle dans la loi désormais désignée par son nom. Pour la CGT des CFA du bâtiment la Loi Macron constitue un grave danger pour les CFA. Selon le syndicat: « cette réforme qui bouleverse le financement des CFA peut nous mettre en difficulté ».

    Pour de nombreux observateurs économiques, en revanche, elle comporte des mesures qui facilitent l’embauche des apprentis (aide au recrutement, période d'essai de 45 jours en entreprise).

    Régis Penneçot, président de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de Côte-d’Or, à propos de la déclaration du candidat: « Merci à Emmanuel Macron d’avoir choisi un CFA préparant aux métiers de l’artisanat pour faire sa déclaration. S’il devait atteindre son objectif, j’espère qu’il se rappellera où tout a commencé... »

    Aux citoyens les plus jeunes, Emmanuel Macron annonce une révolution, des idées, du système, avec l’optimisme de la volonté. C’est très enthousiasmant, mais il lui faudra étayer un peu ce sermon en chaire. On attend le programme !
    Auteur: Christophe Montoriol  -  16/11/2016
    Soyons solidaires, ouvrons nos armoires
    Collecte de vêtements, défilé de mode solidaire, boutique éphémère, loterie… autant d'événements organisés à l’ICFA de Bordeaux du 14 au 18 novembre prochains
    Bel élan de solidarité initié et organisé par les élèves de l’ICFA Tertiaire en faveur de l’association locale d’intérêt général, et à but non lucratif, AMOS du 14 au 18 novembre à Bordeaux-Lac.

    Pendant cette semaine, les élèves proposent dans leur établissement des animations sous le slogan « Soyons solidaires, ouvrons nos armoires »
    .




    Défilé de mode solidaire avec 15 mannequins d’un jour
    Pas moins de 15 mannequins amateurs, élèves, formateurs ou personnels administratifs, ont présentés ce lundi 14 novembre des vêtements d’occasion actuellement en vente dans les boutiques Amos. Il s’agissait de montrer qu’il est possible d’acheter de beaux habits, en bon état et à bon prix, tout en contribuant à la chaine solidaire.

    Boutique éphémère à l’école ouverte au grand public
    Du mercredi au vendredi, de 12h00 à 14h, les élèves tiennet une boutique éphémère pour vendre des articles pour le compte d’Amos. En parallèle, la collecte de vêtements entamée auprès du personnel et des élèves de l’ICFA le 31 octobre dernier, se poursuit tout au long de la semaine solidaire. Les dons seront récoltés pendant les pauses du matin et de l’après-midi et à l’heure du déjeuner.

    Débordant d’idées, les étudiants ont aussi prévu des jeux pour animer cette semaine exceptionnelle lors des pauses du matin, midi et après-midi. Ils organiseront ainsi un « Où est Charlie ? » de mercredi à vendredi, pour repérer au sein de l’établissement des personnes arborant une tenue spécifique. Ou encore une loterie à laquelle participeront les donateurs de vêtements. Parmi les cadeaux en jeu : des bons d’achat AMOS.

    AMOS est une association d’intérêt général, à but non lucratif, créée en 1994 à Bordeaux par le Secours Catholique et l’Entraide Protestante de Bordeaux. Elle œuvre pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes en difficulté via la collecte et le recyclage de vêtements.

    L’ICFA Tertiaire forme aux métiers de la vente, du commerce, de la gestion et de l’administration. 820 élèves, dont 400 étudiants en BTS, y préparent un diplôme en alternance, allant du CAP au BAC+3.

    ICFA TERTIAIRE - Centre de Formation de la CCI de Bordeaux – Bâtiment A – 10 rue René Cassin - Bordeaux-Lac
    Auteur: Communiqué ICFA  -  10/11/2016
    Une web-série qui aide à comprendre les maths
    Qui a dit que les maths sont complexes? SIMPLEX montre des solutions !
    SIMPLEX est une web-série d’animation et un jeu destinés aux ados. Elle nous fait suivre les aventures de quatre jeunes : Ines, Marion, Tom et Julien.

    Face à eux, un petit malin matheu s’est mis en tête de les aider et de leur démontrer comment le raisonnement mathématique peut aider dans la vie de tous les jours.

    Chaque épisode de la série (10X4mn) est dédié à un théorème mathématique.

    Il prend la forme d’une difficulté concrète, réaliste, connectée au quotidien.
    Pour faire évoluer la problématique, les quatre adolescents doivent solliciter leur logique, leur connaissance générale et grâce à la pédagogie du bienveillant Evariste, ...trouver la solution mathématique.

    A l’inverse d’une approche scolaire, qui emmène les adolescents dans l’univers des maths, Simplex amène les maths dans le monde des adolescents.
    Auteur: CM  -  29/09/2016
    Plus d'infos sur education.francetv.fr
     
    L'Etat recrute 10 000 apprentis
    Les services de l'Etat ouvrent leurs portes aux apprentis et proposent 10 000 contrats en apprentissage depuis la rentrée de septembre
    Vous êtes âgé(e) de 16 à 25 ans et recherchez un employeur susceptible de vous proposer un contrat d’apprentissage ?

    Rendez-vous sur le site de la Bourse interministérielle de l’emploi public, dans la rubrique "Apprentissage".

    Tous les niveaux de diplôme,
    du CAP au master II, sont concernés ainsi qu’une grande variété de métiers : juridique, administration, restauration, informatique, ressources humaines, maintenance, mécanique, communication, etc.

    Les postes sont localisés sur tout le territoire national, en Ile-de-France, en province et dans les départements et collectivités d’outre-mer.

    10 000 apprentis devront être recrutés à partir du mois de septembre 2016

    Quel président pour les jeunes en 2017 ?
    Plus de 1 000 jeunes répondent à l'enquête d'Apprentis d'Auteuil
    Un an avant la prochaine élection présidentielle, la fondation Apprentis d’Auteuil publie les résultats d’une enquête inédite sur les actions prioritaires et les qualités essentielles du prochain Président de la République.

    L'enquête menée par Opinion Way auprès de 1000 personnes de moins de 25 ans distingue deux qualités essentielles aux yeux des jeunes français pour le nouveau président.
    Honnêteté et compétence apparaissent comme les qualités principales du futur Président de la République :

    • Pour un jeune sur 2 (52%), l’honnêteté constitue la qualité principale du futur Président.
    • Pour un jeune sur 2 (51%), le futur Président doit être compétent.
    • Parmi les autres qualités dont doit disposer le futur Président figurent l’écoute (25%), la détermination (24%) et l’exemplarité (22%).

    Les jeunes attendent aussi un ou une Président(e) force de propositions concrètes et qui les concernent : 74% estiment que des propositions concrètes pour la jeunesse dans le programme des candidats influeraient leur vote en 2017.

    Homme ou femme : les jeunes semblent indifférents au sexe du prochain Président de la République :

    • Pour 70% des jeunes, cela leur importe peu.
    • Un jeune sur 5 (21%) préférerait une femme et seulement 10% des jeunes, un homme.

    Les actions prioritaires du / de la futur(e) Président(e) de la République

    Les jeunes désignent la lutte contre le chômage comme l’action prioritaire du prochain Président de la République :
    • 58% des jeunes partagent cette opinion, avec une proportion supérieure chez les étudiants (61%) et les demandeurs d’emploi (62%).
    • Viennent ensuite la sécurité et la lutte contre le terrorisme (31%), la lutte contre la pauvreté et l’exclusion (24%) et la réduction du déficit public (21%).

    Concernant les actions prioritaires à mener spécifiquement pour la jeunesse, 70% des jeunes désignent la lutte contre le chômage. Un tiers des jeunes (33%) désigne l’accès au logement et 31% des jeunes désignent la lutte contre le décrochage scolaire.

    Selon Nicolas Truelle, directeur général de la fondation: « Les jeunes attendent du / de la futur(e) président(e) des propositions concrètes qui les concernent directement. Mais ils demandent surtout un homme ou une femme qui les écoute, qui les consulte, qui entendent leurs inquiétudes, leurs revendications et leurs propositions, qui agisse, concrètement, par des mesures fortes et non du « soupoudrage ».

    Apprenti d'Auteuil est une fondation catholique qui se consacre à l'accueil, la formation et l'aide à l'insertion des jeunes en difficultés sociales (NDLR)
    Auteur: R.Com  -  25/05/2016
    Garantie Jeunes
    L'assurance d'un traitement inégal?
    Nouveau dispositif du gouvernement: « La Garantie Jeunes est destiné à aider les jeunes de 16 à 25 ans en situation de précarité dans leur accès à l’autonomie et à l’insertion professionnelle, conclue sous la forme d’un contrat réciproque d’engagements d’un an entre un jeune et une mission locale...»

    Cette garantie qui offre 470 euros par mois aux jeunes en rupture scolaire et sans emploi est une disposition généreuse et utile. Sans doute de nombreux jeunes se détournent de la citoyenneté par dépit tant ils connaissent de difficultés à entrer dans la vie active.

    Mais quelle méprise dans la précipitation! Pressé d'apaiser la jeunesse des barricades qui hurlent contre la loi Travail dont la discussion au parlement commence cette semaine, Manuel Valls en oublie les apprentis et risque fort de voir s'élever un nouveau front.

    Un apprenti de moins de dix huit ans en première année d'apprentissage perçoit un salaire de 365 euros (25% du SMIC), soit 100 euros de moins que la Garantie Jeunes! La jeunesse qui travaille a la chance d'avoir un emploi, certes, mais le message pourra lui paraître équivoque: attendez donc d'avoir dix huit ans avant d'entrer en apprentissage! [*]

    Voici que resurgissent les vieilles lanternes et les combats perdus sur l'apprentissage Junior, haï par les responsables socialistes. Car en dépit des apparences et des déclarations opportunes, L'Education Nationale n'a jamais laché le morceau: pour elle, à quinze, seize ou dix sept ans, il est toujours trop tôt pour entrer en apprentissage. De ce point de vue la Garantie Jeunes, en décourageant les jeunes apprentis mineurs, devrait être une bonne affaire.

    Reste que cette mesure crée un traitement discriminant envers les jeunes apprentis. Et même si, moins politisés que leurs camarades étudiants, il y a peu à craindre qu'ils descendent dans la rue, la classe politique et les réseaux professionnels devraient s'en émouvoir.

    Quelle maladresse! Il eut été sans doute pertinent de hausser au même niveau (470 €) le salaire des apprentis mineurs en première année, par une indemnité compensatrice, conjointement avec la Garantie Jeunes.

    C'est la suggestion de L'APPRENTI, il n'est jamais trop tard pour bien faire!

    * [A dix huit ans, le salaire d'un apprenti en première année: 600 €]
    Auteur: Christophe Montoriol  -  29/04/2016
    Plus d'infos sur gouvernement.fr
     
    ApprentiScènes
    Dans le titre, tout un programme!
    Celui du théatre où se jouent des comédies et des drames en treize actes, chaque soir, pendant une semaine en ce mois d'avril.

    Les acteurs ne sont pas ceux que l'on voit habituellement sur une scène, sinon celle d'un commerce, d'un atelier ou d'un bureau.

    Mais les apprentis sur la scène du théatre du Gymnase sont des artistes, indéniablement. Leur défi paraît insensé, formés aux techniques de la comédie en douze jours il leur faudra imaginer, écrire, répéter puis enfin jouer une pièce face au public dans un grand théatre parisien.

    S'offrir en spectacle au regard de l'autre, par le geste et la parole n'est pas chose facile à un ébéniste, un boucher, un commercial ou même à un employé des ressources humaines à qui on n'en demande généralement pas tant!

    Sur un thème associé au métier qu'ils ont choisi ou sur un sujet plus général (philo, politique, social) treize formations de quatre ou cinq apprentis se jettent chaque soir sur la scène avec un coeur énorme, afin d'émouvoir le public et emporter l'adhésion du jury qui doit établir un classement à la fin du spectacle.

    En amont de la performance face au public, on imagine l'effort à produire pour surmonter l'ihnibition, le trac, la difficile maitrise du texte, du jeu d'acteur. Courage et audace sont des prédispositions requises bien avant le lever du rideau.

    Le résultat est spectaculaire, on est bien au théatre! L'énergie, la créativité des scénarii entrainent le spectateur dans des comédies rocambolesques, surréalistes où l'humour et la dérision sont parfois cruelles mais toujours teintés d'une humanité sincère et touchante. Après un moment de stupeur l'enthousiasme gagne le public et impressionne même les professionnels du jury, metteurs en scènes, comédiens ou journalistes. Dur métier que celui de Jury; Comment départager et désigner la meilleure formation à l'issue du concours, au milieu de tous ces talents ?

    Heureusement plusieurs prix les distingueront, le premier prix sera attribué aux apprentis mécaniciens de l'Institut National du Cycle et du Motocycle, avec une scène intitulée "Confiance" qui établit l'importance de l'affirmation de soi et de ses qualités pour convaincre un employeur (vidéo ci-dessous).

    Une belle démonstration qui aura fait l'unanimité malgré le plateau très brillant des prétendants à la victoire (voir tous les prix en téléchargeant le palmarès en PDF en fin d'article).

    L'édition 2016 d'Apprentiscènes a connu un succès qui ne se dément pas depuis dix ans que la Région Ile de France soutient efficacement l'évènement (sacré meilleur événement éducatif européen au Festival International de l'Evénement et la Communication Live en 2015).

    Gageons que la nouvelle direction Régionale qu'anime désormais Valérie Pécresse maintienne cette belle initiative qui crédite l'apprentissage d'un prix décisif celui-là: une image positive, valorisante et enthousiaste.

    Après 4 mois d’écriture et de répétitions, le rideau est tombé sur les Apprentiscènes 2016 et c'est le CFA des métiers du cycle et des motocycles qui remporte le premier prix !

    Posté par Région Ile-de-France sur mardi 12 avril 2016
    Auteur: Christophe Montoriol  -  11/04/2016
    Plus d'infos sur Palmarès ApprentiScènes 2016
     
    T’aimerais être prof, toi ?
    Une analyse de Dominique Macaire de l'université de Lorraine qui s'interroge sur le plus beau métier du monde

    Prof ? On le disait volontiers « le plus beau métier du monde ». Ah oui…. ? Tiens, voilà qu’il est réputé franchement moins attractif de nos jours, ce métier-là. Et pourtant, direz-vous, l’industrie cinématographique s’intéresse à cette profession, ce que ne dément pas le succès de films comme La guerre des boutons, Mourir d’aimer, Les choriste, Être et avoir, Les profs, Le pion, Les désarrois de l’élève Törless, Diabolo Menthe, ou encore de documentaires comme Sur le chemin de l’école, dont certains sont disponibles en streaming, voire de séries TV à heure de grande écoute comme Parents-Profs.

    Le site SensCritique propose même de passer aux élèves des films sur les profs. Alors que penser de ce métier ?

    Chacun d’entre nous a en mémoire un enseignant qu’il a apprécié ou détesté ! Pas vrai ? Certains parlent avec des trémolos dans la voix de leur premier enseignant (la mienne avait de longs cheveux bruns… le mien était trop sévère…).

    Donc les profs influencent leurs élèves, semble-t-il. La relation est importante dans l’acte d’apprendre, nul ne le contredit. Et le « modèle » de l’enseignant demeure un paramètre central de l’apprentissage, du moins aux dires des apprenants. « Et toi, tu veux devenir prof ? », se demandent pourtant les jeunes.

    Prof, un métier nettement moins en vogue

    Une récente publication de l’OCDE (2015) s’intéresse à l’envie de devenir professeur chez les étudiants des pays de l’OCDE.

    Elle aboutit au constat que seuls 5 % d’entre eux choisissent cette profession avec une légère préférence chez les filles : 3 % sont des garçons, 6 % des filles, mais sans aucune incidence de genre dans certains pays comme la Bulgarie, l’Indonésie, le Japon, ou la Suisse.

    Le niveau de rémunération est sans nul doute une explication à ce désamour de la profession enseignante, puisque les enseignants gagnent en proportion et en moyenne 85 à 92 % du salaire des employés du secteur tertiaire, toujours selon les chiffres de l’OCDE. Ils sont donc rémunérés en dessous des autres employés du tertiaire.

    Nombre de détracteurs diront toutefois à tort que leur salaire est à rapporter aux vacances dont ils bénéficient. Les enseignants en France n’ont pas vu de réactualisation de leur point d’indice depuis… 2010 ! Ceci s’est apprécié à la manifestation du 26 janvier avec ses 130 à 150 000 personnes dans la rue.

    Cela n’étonnera guère : c’est dans les pays où l’enseignant est le mieux rémunéré que la profession semble la plus attractive : c’est le cas de la Corée, de l’Indonésie, de l’Irlande du Sud, du Japon ou encore du Luxembourg et de la Turquie, pour ne nommer que ces pays arrivant en tête des statistiques.

    On peut retenir de l’étude de l’OCDE que la valeur sociale attribuée à toute profession génère pour elle une plus ou moins grande attractivité chez les jeunes qui s’interrogent sur leur avenir à l’heure du choix.

    Effectivement, depuis des décennies en France, la profession enseignante a perdu de son statut social élevé. Qui ne se souvient pas des instituteurs de campagne ? L’instituteur était l’un des notables de village dans les années d’après-guerre encore. Il n’en est plus ainsi, preuve en sont les agressions dont sont victimes les enseignants et les scandales qui entachent la profession, auxquels certains confèrent une valeur généralisante.

    La situation devient problématique dès lors que le vivier de personnes désirant entrer dans la profession n’est pas suffisant au regard du nombre de postes offerts. Le recrutement peut certes se targuer d’être fait par concours, mais certaines disciplines sont dans la pénurie de candidats, notamment les mathématiques dans le secondaire, ou l’anglais, alors que d’autres professions mieux valorisées socialement et financièrement sont offertes à niveau de formation égal, attirant, toujours selon l’OCDE, les candidats les plus performants.

    En outre, la garantie d’emploi dans la fonction publique conférée par le concours de recrutement ne fait plus vraiment recette pour une génération qui se dit qu’elle n’exercera sans doute pas le même métier toute sa vie.

    Etre prof en France

    En France, les conditions d’exercice de la profession enseignante s’avèrent difficiles au quotidien : classes chargée, programmes lourds, contextes d’écoles peu porteurs, trop rare formation aux mutations de la société, tels la violence, le handicap, le plurilinguisme, les migrations, logique descendante de mise en œuvre, non-concertation et faible congruence du top down et du bottom up, attentes fortes des parents et démotivation des jeunes… Un constat alarmant.

    La formation initiale dans les ESPÉ (écoles supérieures du professorat et de l’éducation) revisite régulièrement cette profession à grands coups de référentiels de compétences, mais le résultat chez les jeunes enseignants reste déprimant : la pédagogie reste l’une des premières sources de problèmes pour eux.

    L’alternance est trop ponctuelle, le geste n’est pas accompagné avec suffisamment de régularité ou de cohérence, ni vraiment en situation, parfois il ne conduit pas à une posture de « praticien réfléchi », les questions vives demeurent et la prise en compte des recherches les plus récentes reste souvent lettre morte dans la formation.

    Les représentations du métier et de la discipline constituent des obstacles non négligeables. Certains outils de réflexivité comme les portfolios ne sont pas ou sont peu diffusés par les formateurs. Ainsi, les blogs fleurissent pour aider et soutenir et ce sont souvent eux qui apportent des solutions par le biais des pairs.

    Et la recherche ? Bien des laboratoires, mais aussi l’Ifé, à Lyon dans ses dossiers de veille et avec sa chaire UNESCO, travaillent sur la professionnalisation des enseignants. Voilà un sujet porteur.

    Le numéro de janvier 2016 des dossiers de veille Ifé porte de façon non innocente sur le changement : le changement, c’est comment ?. Ce qui permet à Olivier Rey, le rédacteur en chef, de constater que si les structures et dispositifs changent, les pratiques d’enseignement, elles, font preuve d’une impressionnante stabilité. Là aussi, un constat inquiétant.

    Efficacité et changement de l’institution scolaire

    Le changement a été longtemps sollicité par une conception top down des politiques éducatives en France. On en veut pour preuve le rôle des IPR (inspecteur pédagogique régional) et IEN (inspecteur de l’éducation nationale). Il a ensuite été encouragé par le recours à la diffusion de bonnes pratiques reconnues, dont on attend qu’elles soient pour ainsi dire transférables, sans avoir à être repensées, voire recontextualisées. Notons que l’Europe a été un fort pourvoyeur de bonnes pratiques dans les années 2000, avec, par exemple, le financement de projets et d’outils accompagnant le Cadre européen Commun de référence pour les Langues vivantes en 2001.

    Ces deux approches, le top down et les bonnes pratiques, centrent l’école et le métier d’enseignant sur des aspects modélisables. La part d’autonomie, de réflexion et de décision de l’enseignant y est minime.

    Où trouver le sens des apprentissages ? On n’est pas loin d’envisager que les réformes successives depuis les années 70 adossées à ces principes aient pu démoraliser ou faire démissionner certains enseignants par le côté séquentiel et techniciste à l’œuvre. Bien des enseignants en quête de recettes en sont les héritiers.

    Depuis deux décennies environ, un courant venu des USA pénètre l’institution scolaire, le School effectiveness ou le School improvement. Ce courant recherche les conditions locales de l’efficacité au niveau des établissements. Il s’agit d’une approche plus globalisante et compréhensive des situations. De modèles intangibles, on passe aux dispositifs et environnements favorisant le changement. Les acteurs y trouvent mieux leur place.

    La recherche s’oriente depuis vers une réflexion plus holistique de ce qui peut contribuer au changement, comme le montrent les travaux de Hopkins (2016) ou ceux de Spillane (2014) qui recentre l’analyse sur les contenus didactiques et notamment sur les interactions.

    Mais les enjeux suffisent-ils à engager l’action ? À produire du changement ? Rey affirme : « Autrement dit, on accepte l’idée que ce qu’on appelle le système éducatif soit le produit d’interactions entre acteurs et organisations qui disposent parfois d’une certaine autonomie et n’obéissent pas tous à la même logique. Cette vision accorde plus d’importance à la pluralité des logiques qui coexistent tant au niveau « vertical » (Éducation nationale, administration, disciplines…) qu’au niveau « horizontal » entre établissements, réseaux, collectivités ».

    A-t-on perdu l’enseignant en route ?

    Depuis quelques années existe le concept de « didactique professionnelle », une logique non bureaucratique dont les acteurs sont essentiels à l’aide au changement. Il y a beaucoup à chercher de ce côté là.

    Le mouvement de balancier prof/enseignement-élève/apprentissage-didactique professionnelle intéresse au plus haut point. De nos jours, la valeur de l’action partagée et de l’expérience d’une communauté enseignante (visible sur les sites et forums), de l’organisation apprenante contribuent à impulser l’idée selon laquelle le groupe est déterminant à côté de l’intention ou de l’action du professionnel isolé.

    Pour caractériser le changement, l’affaire est assez complexe. On retient des moments-clés critiques, qui caractérisent les ruptures et engagent le changement.

    Il semble que « la composante clé dans le processus du développement professionnel soit le fait qu’un individu reconnaisse et prenne en compte un changement comme une meilleure manière de faire que celle qui précédait » (Rey, 2016). Ainsi, les représentations sociales et les croyances à l’œuvre sont-elles centrales dans l’évolution que peut espérer l’école pour professionnaliser ses enseignants.

    Dès lors, les politiques publiques semblent-elles à la recherche de l’efficacité au risque de stigmatiser les enseignants. Ne nous trompons pas de responsable, comme le dit Alain Rey : « Bien souvent, ce sont de vrais choix de conception de politique publique qui expliquent les difficultés rencontrées, choix dont ils les [décideurs] sont éminemment responsables… ».

    La recherche actuelle se centre sur la connaissance des gestes professionnels de l’enseignant, sur ses pratiques données à voir et dites, sur ses croyances également. C’est la Teacher cognition.

    Connaître les enseignants et mesurer – dans le sens non d’évaluer, mais de comprendre – leurs schèmes d’action aiderait à mieux les accompagner dans leur professionnalisation et de ce fait à leur faciliter l’exercice de leur quotidien.

    Être prof aujourd’hui, un joli défi, mais bien peu de jeunes y vont…

    Auteur: Dominique Macaire, Université de Lorraine  -  27/01/2016
    Plus d'infos sur theconversation.com
     
    La révolution en marche
    le nouveau plan pour l'apprentissage de François Hollande: la révolution culturelle annoncée?
    « Dans la tempête, une main pour soi, l'autre pour le bateau » aimait à rappeler
    le fameux Captain Cap qui s'émouvait de la maladresse des marins perdus en mer.

    Une main pour se garantir, une autre pour agir. Mais le capitaine convenait aussi que quand le bateau sombre il est bien inutile de s'accrocher aux haubans. Certains prétendent que les récits du célèbre navigateur figurent en bonne place dans la bibliothèque de François Hollande. On peut le croire après l'annonce des nouvelles mesures pour la relance de l'apprentissage, noyé dans le naufrage de l'emploi en France.

    Depuis Jules Ferry l'apprentissage est une voie scolaire pilotée par l'éducation Nationale et ses académies. Aujourd'hui, le chef de l'État souhaite ouvrir une deuxième voie d'accès qui dépendra du ministère du Travail.

    Un changement? Non, une révolution!

    La surprise est grande quand La gauche, sur les principes de l'éducation pour tous et de l'égalité des chances, a toujours maintenu le dogme sous la garantie exclusive de l'Education Nationale.

    Mais dans la tempête qui fait rage, force est de constater que le barreur a perdu le cap. Dans sa grande oeuvre, l'Education Nationale a abandonné près de 120 000 jeunes sur le quai, sans diplôme, sans qualification. L'équivalent d'une ville moyenne en France!

    Certes la grande maison reste admirable et peut s'ennorgueillir du succès des 42 % de jeunes sortants de formation initiale qui, tous les ans, sont diplômés de l’enseignement supérieur. On en comptait pas la moitié il y a quarante ans!

    Ces diplômés ont toutes les chances de trouver un emploi, mais les autres?

    « Beaucoup ont au moins le baccalauréat » répondent certains moralisateurs qui n'en emploieraient aucun.

    Reste donc à former tous ces jeunes à un métier, avec une effort particulier pour ceux qui sortent du système scolaire chaque année. Hélas, ici, l'Education Nationale commence à bafouiller: près de 2 millions de jeunes sont sans emploi ni diplôme en France, un résultat éloquent. Assez sans doute pour décider le chef de l'état d'ouvrir la main sur les principes et d'agir avec l'autre. Prêt à déléguer au ministère du Travail une autre voie d'accès à l'apprentissage, bravant l'hérésie le président annonce les nouvelles mesures;

    Au moment de leur orientation, les élèves pourront choisir de s'engager vers un enseignement exclusivement professionnel dans un CFA. Fini les matières générales, les branches professionnelles contribueront à définir les programmes, au plus près des besoins des entreprises. Un jury de professionnels délivrera les titres.

    Plus de souplesse aussi avec les dates d'entrée en apprentissage: indépendant du système scolaire les contrats pourront être signés à n'importe quel moment de l'année.

    Révolution culturelle, sûrement, effet d'une lente érosion du dogme par les bouleversements d'une société qui ne conduit pas forcément à l'inégalité. En préalable, ce n'est pas l'égalité des connaissances que l'on vise mais celle de la dignité, impossible sans un métier.

    Le Captain Cap disait sans rire: « Les préjugés, c'est ce qu'on doit juger en premier ». François Hollande a dû le lire.
    Auteur: Christophe Montoriol   -  26/01/2016
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