La faim de l'apprentissage

« Les emplois d'avenir ne vont pas cannibaliser l'apprentissage ...»
«... mais la promotion de l’alternance a très peu bénéficié à ceux qui en ont le plus besoin : les jeunes dépourvus de toute qualification. » : le ministre délégué à la formation et à l'apprentissage, Thierry Repentin, a répondu dans une interview (Les Echos -19/09) aux inquiétudes que suscite le nouveau contrat de génération.

Ce projet qui vise à encourager l'emploi des jeunes sans qualifications est une des mesures qu'annonçait le chef de l'état pendant la campagne présidentielle. On se souvient qu'à cet égard François Hollande était resté muet sur l'apprentissage.

Son ministre délégué ajoute :
« Tous les efforts que les gouvernements successifs ont faits pour développer l’apprentissage et les contrats de professionnalisation n’ont pas empêché chaque année 120.000 jeunes de sortir sans qualification du système scolaire et qu’il y ait actuellement 460.000 jeunes sans diplôme au chômage. C’est à eux que les emplois d’avenir s’adressent. »

Sans doute, cependant l'apprentissage rencontre un succès indéniable depuis quelques années; Pour donner un chiffre, le nombre de jeunes s'orientant vers l’apprentissage a augmenté de 40% en Île-de-France en cinq ans! Les entreprises ne seraient elles pas tentées de délaisser le contrat d'apprentissage au profit d'un contrat de génération ?

Pour Thierry Repentin: «Le contrat de génération sera un contrat à durée indéterminée. Cela devrait pouvoir concerner un contrat en alternance dès lors qu'il est en CDI, ainsi que les embauches en CDI à l'issue de la période d'alternance. Les deux sont complémentaires dans la lutte contre le chômage».

Récemment, le projet de loi a été soumis au Conseil Economique et Social qui porte un regard nuancé sur les nouveaux emplois aidés mis en œuvre par les pouvoirs publics pour répondre à l’urgence de la situation. Le CESE «estime nécessaire d'améliorer le dispositif des emplois d'avenir [..] afin de renforcer son volet formation [..] et de ne pas pénaliser les jeunes qualifiés».

Un avis qui inquiète peu le ministre qui insiste sur la motivation du gouvernement : « le chef de l'Etat et les présidents de région se sont engagés à diviser par deux en cinq ans le nombre de jeunes entrant sans qualification sur le marché du travail. C'est à eux que les emplois d'avenir s'adressent. Dans le même esprit, nous poursuivons avec Michel Sapin les efforts pour développer l'alternance.»

On l'espère de tout coeur, pourtant une certaine confusion plane encore car la définition initiale de ce contrat demeure une « aide financière aux entreprises qui forment les jeunes en recourant à leurs salariés seniors ...» (SIC François Hollande). Une définition qui s'apparente fort à celle du contrat d'apprentissage (exonération de charges patronales, maître d'apprentissage [certes, pas forcément sénior!]).

Pourvu que le contrat de génération n'oeuvre pas également pour l'affaiblissement d'un dispositif qui marche.

Sénateur de la Savoie, Thierry Repenti se présente volontier comme un élu de Montagne (membre de l'Association des élus de Montagne) et ne craint pas le vertige.
Xof Ribas  -  28/09/2012

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